![]() Edito : 12 juillet 2010
Dans une industrie basée sur le long terme comme l’électricité, les enjeux ne s’analysent pas seulement en termes de sécurisation, de prix ou de production mais aussi en termes de comportement de consommateurs. En effet, ces derniers peuvent être facteur de facilitation ou de freinage des stratégies technologiques, industrielles et écologiques. Détecter les tendances sociologiques de consommation à moyen terme est donc un paramètre important. Lors du Colloque annuel de l’UFE le 22 juin dernier, le sociologue Bernard CATHELAT a livré une analyse prospective des différents modèles de civilisation vers lesquels notre société pourrait évoluer à l’horizon des 15 prochaines années. Selon le scénario qui prévaudra, nous ne réagirons pas de la même façon en termes de consommation d’énergie.
Trois scénarios possibles
► Le scénario de la « France Concurrence » Trouvant actuellement un écho auprès de 32% des Français, c’est un modèle inspiré de l’ultralibéralisme et fondé sur une foi absolue en la science et le progrès. Il est l’image d’une société très individualiste, où personne n’envisage de se restreindre dans sa consommation. Dans ce scénario, l’énergie est avant tout électrique, un produit de consommation comme un autre, que l’on obtient librement sur le marché, et sans préférence marquée pour tel ou tel mode de production, dès l’instant où il y en a suffisamment. Dans ce schéma, la participation active des citoyens à une régulation énergétique dans l’avenir est peu probable : tout doit être fait en amont, et les progrès technologiques sont là pour programmer, modéliser, distribuer et répartir l’énergie. ► Le scénario de la « France Providence » Longtemps le modèle prédominant en France, il repose sur un rôle central de l’Etat comme redistributeur et régulateur des besoins fondamentaux qu’il faut égaliser dans la population. On est, là, dans une société plutôt conservatrice, défensive et protectionniste qui préfère se restreindre que de changer ses habitudes. Sa sensibilité aux préoccupations environnementales est strictement locale et immédiate, et pas à portée planétaire. Tombé un peu en désuétude au cours de la dernière décennie, ce modèle retrouve les faveurs de près de 42% des Français aujourd’hui. ► Le scénario de la « France Renaissance » Compromis entre les deux précédentes tendances, ce scénario de société est encore récent mais séduit de plus en plus de citoyens. En particulier, 27% des Français se retrouvent dans son modèle basé sur une économie sociale équitable, une démocratie participative dans la prise de décisions, et une grande sensibilité aux problématiques écologiques, environnementales planétaires et à long terme. Plus spécifiquement concernant leur consommation d’énergie, cette population plutôt jeune, urbaine, diplômée, est à la fois demandeur de bien-être et ouverte à une évolution de sa consommation, à condition de rester libre et « éclairés » dans les choix à faire en la matière. Dans ce scénario du « troisième type », nul doute que les technologies numériques comme les smart grids seront le moyen pour permettre de co-réguler la consommation d’énergie… |




